COLLÈGE. Les parents d'élèves FCPE ont occupé l'établissement, hier. Ils dénoncent la baisse des moyens et préparent la rentrée

Le blues de Pablo-Neruda
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Les parents d'élèves de Pablo-Neruda donnent rendez-vous à la rentrée. (PHOTO « SUD Ouest »)
Collège occupé, hier matin, à Pablo-Neruda. « Pas bloqué, le but n'était pas d'empêcher les élèves de rentrer, mais de s'installer dans l'administration pour discuter de ce qui va et ne va pas, et des solutions », explique Nathalie Castéra, l'une des animatrices des parents d'élèves FCPE qui ont appelé à cette action.

Ce qui va ? « Déjà, c'est qu'on est là, que les parents sont mobilisés, qu'on discute avec les professeurs et l'administration. Et puis c'est encore un établissement où l'enseignement est de bonne qualité, qui ne perd pas d'effectif, qu'on ne fuit pas. »

Mauvaises notes

Bien. Les mauvaises notes, ensuite, s'accumulent. Ce sont elles qui justifient « l'occupation » de la salle des profs. Le malaise n'est pas ponctuel : à entendre Nathalie Champ, la présidente de la FCPE, il s'agit d'une « dégradation » durant les deux ou trois dernières années.

Moins d'heures d'enseignement, moins de professeurs titulaires ou d'heures supplémentaires autorisées pour ces derniers, davantage d'enseignants vacataires. « L'an passé, il a manqué des enseignants durant un mois et demi. Ce sera la même chose à la rentrée si on ne fait rien. En plus, avec les vacataires, on est sûrs que les élèves ont deux enseignants au moins dans l'année pour la matière. Ce n'est pas bon pour les enfants. » C'est aussi, assure la FCPE, « moins de cohésion pédagogique, des enseignants qui se connaissent moins, un projet d'établissement réduit à son minimum ».

« Moins accueillant »

La faute à l'Inspection académique, au rectorat, au ministère. Un prof explique : « Il y a de moins en moins de titulaires remplaçants. »

Moins d'adultes dans la cour et plus de tensions entre gamins, fermeture du foyer, « une seule secrétaire au lieu de trois il y a quelques années » pour assurer travail administratif et accueil des familles, salles d'ordinateurs privés de « "l'emploi jeune" qui en assurait la maintenance » : autant de « détails » qui font que Pablo et « moins accueillant, moins agréable, moins crédible pour les élèves ». Plus grave, raconte une prof de sciences de la vie et de la terre, « on risque de ne plus pouvoir dédoubler les classes l'an prochain, ce qui fait qu'on ne pourra plus se servir des microscopes correctement.

Alors que notre projet pédagogique en science repose sur la découverte des pratiques scientifiques ».

Sortie de ZEP

En fait, FCPE et les professeurs rencontrés hier ont en ligne de mire l'effet de la sortie de Neruda de son ancien statut de Zone d'éducation prioritaire, et de la perte des moyens supplémentaires qui y étaient associés. « On pouvait faire des ateliers lecture, mener des initiatives qui permettaient d'associer tous les élèves, ceux de la Segpa, de l'unité pédagogique d'intégration et de la classe d'accueil. » Le statut actuel de « Réseau de réussite scolaire » avec les écoles de rattachement « ne garantit plus que des effectifs à 25 élèves par classe en moyenne. RRS, ça ne veut rien dire », estime la FCPE.

Comme le collège ne sait pas encore de combien d'élèves et de classes il disposera l'an prochain, la FCPE a lancé cette occupation « pour trouver des solutions ». Qui passeront par « la mobilisation, dès le premier jour de la rentrée scolaire », annonce Nathalie Champ.

Auteur : Gilles Guitton