GRÈVE. Après s'être rassemblés place du marché, les manifestants sont allés à l'Inspection départementale de l'académie

Les enseignants « en relais » des parents
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Les enseignants grévistes, parents d'élèves et enfants sont mobilisés ensemble notamment pour le maintien du Rased (PH. D A)
« Cette journée de grève est un relais de l'action menée par les parents contre la suppression du Rased (1) mais pour nous il n'y a pas que ça », déclaraient, hier à midi, des enseignants rassemblés sur la place François-Mitterrand.

Ces grévistes sont issus d'écoles occupées par les parents depuis la semaine dernière. Il s'agit de l'élémentaire de Jean-Jaurès et de René-Cassagne dans lesquelles il y avait respectivement « un tiers » et « une moitié » d'enseignants grévistes. L'école Camille-Maumey, où les parents animent tous les soirs des rencontres, comptait « un quart » de maîtres en grève.

Au total, ce mouvement bon enfant a rassemblé une centaine de personnes, dont le maire Alain David qui a communiqué notamment le courrier qu'il a adressé au recteur.

L'élu a sollicité auprès de ce dernier une audience, en compagnie d'une délégation de parents d'élèves, pour défendre le maintien du Rased et des postes susceptibles d'être supprimés alors que les prévisions d'effectifs sont à la hausse.

Réunion décisive hier soir

Hier, les grévistes disaient « vouloir profiter de cette journée pour discuter des suites à donner » avec leurs collègues. « Dans une enquête réalisée auprès des enseignants des écoles élémentaires de Cenon, Floirac, Lormont et Artigues-près-Bordeaux, 95 professeurs des écoles, sur 119 retours de questionnaire, se disent favorables à une grève reconductible ».

Le sujet devait être débattu en assemblée générale, hier soir, à la Maison des associations et si une telle action devait être engagée ce ne serait vraisemblablement qu'après les vacances de Pâques.

Les parents d'élèves reprennent ce matin leur mouvement d'occupation des écoles Jean-Jaurès et René-Cassagne.

(1) Réseau d'aides spécialisées aux élèves en difficulté.

Tags : Rive Droite Education Enseignement cenon floirac lormont artigues-près-bordeaux
SUD OUEST | Vendredi 03 Avril 2009

Vendredi 03 Avril 2009

ÉDUCATION. Etudiants et enseignants tentent la jonction avec le primaire

Universités : c'est jeudi, c'est manif
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La manif a réuni 1 500 personnes à Bordeaux. (photo stéphane lartigue)

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Plus que la semaine dernière mais bien moins qu'au début : la manifestation des étudiants et enseignants-chercheurs a rassemblé 1 500 personnes hier à Bordeaux, entre Pey-Berland et le rectorat, selon un itinéraire désormais bien balisé.

La nouveauté (relative), c'est que la fameuse « jonction des luttes » avec les problèmes que rencontrent parents et enseignants du primaire et du secondaire a fini par se faire via le réseau Sauvons l'éducation 33. « C'est un ensemble de collectifs qui agissent de la maternelle à la fac et se mobilisent facilement par le biais des mailing-lists », précisent Ninon Duwez, étudiante en histoire et Halima Temagoutt, parente d'élève sur la rive droite, en touillant la soupe populaire offerte aux manifestants. Des lettres flottent dans la marmite pour dire que « l'éducation prend le bouillon ».

En fait, les parents du primaire ne sont pas si nombreux, les profs du secondaire encore moins, mais les uns et les autres ont bel et bien l'impression que « c'est tout le service d'éducation qui est attaqué. Les mobilisations locales demeurent sur tel ou tel établissement où il manque des postes, mais on essaie de passer au-delà. »

Blocage ou pas ?

Côté étudiants, il y a toujours des tambours, des affichettes renouvelées (« Nicolas, stop au blabla ») et l'envie de ne pas s'arrêter là. Les psycho-socio de Bordeaux 2 attendent mardi pour savoir si le blocage sera renouvelé ou pas. « Mais les antiblocage ne se manifestent pas beaucoup chez nous. Notre souci, c'est d'obtenir des salles que l'administration nous refuse », soutient Léa. Les étudiants de Sciences Po affichent aux côtés de leurs camarades juristes (Bordeaux IV) une mobilisation qui a tardé à venir, mais se traduit par un barrage filtrant, levé le temps de la manif d'hier et qui devra être revoté lundi. En AG ou par consultation électronique ? « Les deux sont légitimes », consent Thomas, en quatrième année de relations internationales.

Des enseignants partagés

Côté profs, il y a comme un doute sur la façon de poursuivre le mouvement sans bousiller davantage le semestre. Ceux de Bordeaux 2 ont formé un collectif qui, solidaire des revendications étudiantes, s'oppose à un éventuel recours aux forces de l'ordre, tout en refusant de se prononcer sur l'épineuse question du blocage ou pas blocage, puisque « c'est aux étudiants de faire ces choix ».

Même les enseignants de Bordeaux 3, les plus mobilisés depuis le début, s'avouent un peu désemparés. « Je n'oublie pas que, s'ils ne peuvent pas valider leur année, les étudiants boursiers vont perdre l'an prochain l'essentiel de leurs ressources. J'y pense même tout le temps. Mais comment abandonner maintenant alors que nous n'avons toujours pas été entendus ? »

Le nouveau président Patrice Brun est venu sentir la température. Dubitatif. Réponse à la prochaine AG de la fac de lettres, lundi. D'ici là, le week-end devrait être calme.

Une photo très parlante
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La photo de cette étudiante indignée a été publiée dans notre édition d'hier. Elle réagissait aux propos du vice-président Aubin mercredi lors de l'AG de Bordeaux IV. Ce dernier reconnaît s'être laissé aller à employer le mot de « pintades » à l'encontre des étudiantes. Et à avoir même fait un bras d'honneur dans le feu de la réunion. « En entendant le mot "facho", prononcé visiblement à mon encontre, je suis sorti de mes gonds. À regret », plaidait-il hier. photo stéphane lartigue

Auteur : catherine darfay
c.darfay@sudouest.com

Tags : Gironde Education Enseignement bordeaux Actualité
SUD OUEST | Vendredi 03 Avril 2009